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Corruption (Lutte contre la) – Cleptomanie financière à l’Opéra du Sahel : Les seconds couteaux en liberté provisoire

« Je ne suis pas prêt à payer pour les autres. Qu’on se débrouille pour me faire sortir de prison sinon, je vais parler ». Ces propos tenus par Papa M’Baye Séne, le coordinateur-producteur du projet «Opéra du Sahel », à la Maison d’Arrêt Centrale de Bamako, suite à sa mise sous écrou, le 18 juin dernier, ne sont pas tombés dans l’oreille de sourds.

Laisser parler cet individu aurait de fâcheuses conséquences pour ses complices. Puisque ayant trempé dans la pestilentielle magouille, ces derniers se sont vite investis en sollicitant la mansuétude des hautes autorités du pays afin de le faire sortir de prison, lui ainsi que l’agent-comptable Sirafily Sissoko et non moins neveu de l’ex ministre Cheick Oumar Sissoko et cette autre charmante petite amie de Sène du nom de Alimata Ba dite Alima. Le tribunal vient en effet d’accorder une liberté provisoire aux trois seconds couteaux, écroués depuis le mois de juin de l’année dernière en attendant un éventuel jugement devant la Cour d’assises. Le juge d’instruction les avait retenus dans les liens de la prévention et mis sous mandat pour avoir détourné, en six petits mois la bagatelle de 300 millions de FCFA dans le compte BDM de l’Opéra du Sahel dont la première mondiale a eu lieu dans notre capitale en février 2007.

Flash-back sur le scandale de l’Opéra du Sahel

Pour gérer ces fonds mis à sa disposition, Cheick Oumar Sissoko va donner un coup de canif à la Convention qui lie le Ministère de la Culture du Mali à la Fondation Prince Claus. Convention dans laquelle sont définies la provenance, la destination et les procédures de décaissement des fonds qui s’élevaient initialement à 775 164 056 FCFA.

578 376 934 FCFA financés par La Fondation Claus et 300 000 euros, la quote-part du Mali (196 787 122 FCFA) entièrement payée par la Coopération hollandaise. Cheick Oumar Sissoko va nommer son ami Pape M’Baye Sène coordinateur-producteur de l’Opéra du Sahel, son propre neveu et homonyme de son père, Sirafily Sissoko, le comptable de sa société cinématographique Korafilm, agent-comptable et Alima Ba, la petite amie de Sène, assistance de ce dernier. Une affaire de famille quoi! Aucun contrat ne lie ses derniers avec « L’Opéra du Sahel »

Le trio infernal va se livrer à de scandaleuses cabrioles financières à tel point que quand il hérite du département de la Culture, l’actuel ministre El Moctar, sollicitera un audit auprès du Contrôle Général des Services Publics. Ledit audit sera transmis par le président de la République à la CASCA qui, vu l’ampleur de la gabegie, transmet le dossier à la justice. Les protagonistes, à vrai dire, les seconds couteaux, seront alors interpellés et écroués. Mais Pape Sène n’avait pas dit son dernier mot. Sachant parfaitement qu’il ne constituait guère le maillon principal de la chaîne et, puisque détenant par surcroît des éléments d’appréciation susceptibles d’intéresser les magistrats instructeurs au plus haut point, il menaça alors ses anges gardiens de tout révéler si ceux-ci décidaient de l’abandonner à son sort. Le message passa cinq sur cinq. Les complices mirent alors les efforts ensemble pour lui faire bénéficier ainsi qu’aux deux autres (Sirafily Sissoko et Alimata Ba) une liberté provisoire. Mais qui sont donc ces complices ?

Il s’agit de l’ex-Ministre Cheick Oumar Sissoko accusé d’avoir planifié toute l’opération, foulé au pied l’orthodoxie financière et les clauses du contrat, procédé à des nominations par clientélisme et népotisme. Aussi, afin de jouir au maximum des fonds disponibles, la clinique du Docteur Oumar Mariko fut-elle retenue, sans aucun préalable, pour la prise en charge sanitaire des artistes. La moralité des factures émises à ce niveau est très contestée…

Pour avoir sollicité un audit des comptes de l’Opéra, le ministre rentrant El Moctar, fut accusé de tous les pêchés d’Israël. Les complices organisèrent leur défense, arguant impudiquement qu’il s’agissait d’une chasse aux sorcières, règlement de comptes et patati patata… Mais l’histoire retiendra que c’est grâce au ministre El Moctar que le Mali a pu continuer à jouir de la confiance et de l’estime des partenaires néerlandais. Quant aux présumés auteurs de détournement ainsi que leurs différents mentors, ils doivent comparaître devant le juge pour répondre de leurs actes. Deux parmi eux le seront, sans doute, par contumace : Papa M’Baye Sène, Sénégalais de nationalité, n’a au Mali ni épouse, ni enfant. Quant à Alimata Ba, ressortissante de Burkina-Faso, elle est célibataire sans enfant. Il n’est pas évident qu’ils répondent à la convocation d’un juge malien pour prendre perpette. A l’évidence, leur élargissement va arranger beaucoup de choses !

Il est reproché aux protégés de l’ex-ministre de la Culture, Cheick Oumar Sissoko d’avoir piqué dans le compte BDM N° 26702218386-89 au nom de l’Opéra du Sahel, exactement 298 640 847 FCFA

– la non justification de la somme de 17 058 750 FCFA;

– l’absence de justification de retraits bancaires d’un montant de 81 282 595 FCFA

– le paiement, sans base juridiques de la somme de 20 010 400 FCFA d’honoraires à l’équipe technique;

– l’exécution des dépenses de 98 177 500 FCFA au titre de frais de restauration sans précision de période, ni de liste nominative de clients

– l’absence de trace d’enregistrement d’un chèque de 41 822 000 FCFA remis par l’Ambassade des Pays-Bas et encaissé par l’agent-comptable, Sirafily Sissoko

– le paiement non justifié de 20 250 000 FCFA au titre de location de voiture à la société

– la non justification des factures de location de voiture pour 1 100 000 FCFA après expiration de contrat

– le paiement non justifié de la somme de 4 800 000 FCFA à Monsieur Faman Diakité

– le paiement non justifié de la somme de 2 400 000 FCFA aux Etablissements Yacouba Diallo;

C’est la rondelette somme de 300 000 000 FCFA que nos lascars ont carottée sur les fonds de l’Opéra du Sahel.

Le carnaval de la Gauche-caviar

Du 1er août 2006 au 28 février 2007, ils ont enlevé la bagatelle de 512 213 077 FCFA sur un crédit de 521 588 628, soit un solde de … 375 551 FCFA. Le constat des faits bat en brèche les mensonges des dénigreurs professionnels qui avaient à l’époque crié au complot et à la manipulation. Tout le monde est servi. Même notre Monsieur « Kokadjé », le Dr. Oumar Mariko, le non moins Secrétaire Général de SADI, le parti que préside le ministre Sissoko. Tous les artistes recrutés à l’Opéra du Sahel étaient obligés, qu’importe la nature de leur maladie, d’aller se faire soigner à la clinique de l’honorable député de Kolondiéba sise à Boulkassoumbougou. Sans qu’aucun contrat ne lie tout ce beau monde à l’Opéra du Sahel.

Selon le sulfureux rapport, tous les décaissements se faisaient sur la base d’ « un plan de décaissement » de Pape Sène. Les chèques étaient cosignés par ce dernier grâce à sa double casquette de coordinateur et de producteur et/ou Sirafily Sissoko et le DAF du Ministère de la Culture. 80% desdits chèques ont été émis au nom de Sirafily, de celui d’Alima Ba et de celui d’une certaine Awa Diarra. Et les 20 % autres au nom d’autres personnes sans les justifications exigées par la loi des Finances. Aucun contrôle de la régularité ou de la sincérité des dépenses n’était effectué par une structure habilitée à cet effet. Aucune pièce comptable pertinente n’a été produite pour justifier les dépenses effectuées. La mission du Contrôle Général des Services publics a été mise dans l’impossibilité de se faire présenter ces pièces comptables justificatives. L’instruction également. Sirafily avait des honoraires mensuels de 400 000 FCFA, Alimata Ba et Awa Diarra, 250 000 FCFA, chacune par mois.Quant à Papa Sène, il se tapait 2,5 à 3 millions en guise « d’avance sur prestations » (sic). Ah ! la Gauche-caviar !.

Du vrai «Nyamaton» !

Le plus malséant dans cette rapine de deniers publics en règle est que le BVG, très prompt à « épingler » les cadres, a fait montre d’un esprit sélectif déconcertant et d’une cécité éhontée. Lors de leurs passages à la DAF du Ministère de la Culture, les vérificateurs ont balayé d’un revers de main le dossier de l’Opéra du Sahel en arguant que seul le budget mis à la disposition du Ministère les intéressait. Evidemment, il n’était pas question de chercher des embêtements à Cheick Oumar Sissoko, l’ami du Vérificateur général, Sidy Sosso Diarra. Lequel, fait rarissime au Mali, avait commandité ledit contrôle pour confondre son DAF qui refusait de le laisser puiser, comme il veut dans les fonds de l’Opéra du Sahel. Seul le DAF, qu’il a suspendu, après l’échec de sa tentative de rapporter le décret de nomination de ce dernier, lors du Conseil des ministres devait payer! C’est la raison pour laquelle, nulle part dans le rapport du chasseur de scalps, il n’est fait mention des fonds de l’Opéra du Sahel. On ne peut rien contre un grand gaillard qui dit qu’il ne voit pas le soleil!

Vous comprenez mieux la prise de position de certaines grandes gueules dans la défense du Vérificateur général dont il faut coûte que coûte mettre les rapports en exergue pour faire oublier justement ceux des autres structures de contrôles, mieux ficelés, mieux élaborés, imparables, « indémontables! » et moins pestilentiels pour nos socialo-cleptomanes.

« Le Sphinx » n’a pas pu retrouver le fameux restaurant Madéka-sarl (?) (sic) où les artistes de l’Opéra du Sahel auraient bouffé 98 millions de nourriture en six mois. En revanche, il ressort de nos investigations que la société de location de voiture West-Com est sortie tout droit de l’imagination du neveu de Cheick Oumar Sissoko. Sirafily a acheté, avec l’argent de l’Opéra du Sahel, des véhicules au nom de sa société-bidon West-Com, et a loué ces mêmes véhicules au même Opéra du Sahel. Du vrai « Nyamaton » !

 

Adama Dramé
Le Sphinx, est seul responsable du contenu de cet article