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Showcases aux REMA: à la découverte de talents sur le continent africain

Le jour 1 des Showcases aux Rencontres Musicales Africaine (REMA) de Ouagadougou a donné plus qu'un aperçu de ce qui se passe et se passera au Paongo, du 13 au 15 juin 2019. Programmation à couper le souffle avec le duo Kalian qui s'est autorisé, en guest, deux titres ; et le jeune band – mais prometteur Kilé.

KILÉ en prestation, lors de la deuxième édition des Rencontres Musicales Africaines (REMA) à Ouagadougou au Burkina Faso. Crédit photo © Boub´s SiDiBÉ.

Kilé, un band de cinq membres est un nom à retenir. Offrant avec envie et passion un répertoire de 8 titres, le band porté par Diabaté Adama, lead vocal et guitariste surfant sur plusieurs styles, a offert un show avec une touche « Afro soul mandingue ». Un genre propre à eux à cheval sur le blues mandingue, le hip hop et la soul que les 5 compagnons peaufinent depuis une dizaine d’années.

Pour le public présent au Paongo, ils étaient pour les invités non burkinabè aux REMA, une agréable surprise. Le jeu scénique, avec Ramdé Kalilou (2è voix), Abraham Traoré (Bass), tama ou talking drum avec Coulibaly B. et José Ouédraogo au piano, était un savoureux patchwork de mélodies tirées du patrimoine culturel mandingue, burkinabè et occidentale. En dioula comme en français, les textes abordent les thèmes sociaux sur l’excision, l’hypocrisie (Afongné ou dis-moi), les croyances diverses (Dounia ou le monde), les valeurs humaines telle la fierté (Afrique), etc.

Ce plateau des REMA, confie Diabaté Adama, les Kilé en avaient besoin. « Nous espérons que le déclic pour nous ira à partir de cette scène. Cela nous tient à cœur ».

Avant goût du Contempory Benga ….

Présent aux REMA, le musicien Kenyan, Winyo s’est présenté sur la belle scène équipée par le professionnel du son au Burkina Faso, Shammar. Donnant un avant goût, en version acoustique, de sa musique, le Contempory Benga – aux  influences de Benga (rumba et salsa), Winyo (qui signifie oiseau en Luo, langue locale au Kenya), qui sera en live le samedi, à raconté d’une voix mêlant mélancolie et tendresse, ses joies et ses peines inspirées de faits sociaux. Wololo (pleure) est une critique du triste comportement de la société envers une veuve. Le chant devient attendrissant aux sonorités de Nakupenda (Je t’aime) ou motivateur avec Singo (ma force, mon combat). Anecdote touchante, intégrant le répertoire de Winyo, c’est l’hommage qu’il rend à Nyannyaburi, sa grand-mère, son premier spectateur. Ayant foi en son petit fils, elle avait presque prophétisé qu’il parcourerait le monde avec sa musique. Ce chant est musicalement une invite à partager la joie de Winyo d’être sur une scène ou simule le chant d’oiseau qui le distingue.

Les showcases du REMA qui offrent avec gratuité aux public une programmation variée et une sonorisation digne de scènes sonorisation de festivals qui ont long parcours, écrit en deux éditions une histoire de la scène live au Burkinabè. C’est avec conviction que son promoteur, l’artiste de renom, Alif Naaba entend faire de sa scène une référence car « les artistes d’Afrique y seront programmés à chaque édition ».

 

Koné Saydoo