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Cellule de communication de Koulouba: Quand l’amateurisme et volonté de museler la presse font bon ménage !

Nous pensions que la cellule de communication du Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, s’était affranchie de certaines pratiques contre nature et à impacts négatifs sur le premier magistrat des Maliens… Hélas, c’était sans compter que les mauvaises habitudes ont la vie dure, et surtout, oublier l’adage qui dit «chasser le naturel, il revient au galop» !

La célébration de la journée du paysan, le 15 juin dernier nous a convaincu d’une chose : l’amateurisme et la volonté claire des chargés de la communication présidentielle de diviser et de museler la presse malienne. En effet, il nous a été donné de constater certains éléments de la cellule de communication présidentielle ordonner aux forces de sécurité présidentielle d’empêcher certains journalistes de faire leur travail au motif qu’ils n’avaient de badges !

Des badges ? Et oui, des badges confectionnés sur lesquels ont pouvait lire « Présidence de la République », distribués aux journalistes qu’ils ont amenés de Bamako, au détriment des autres journalistes partis à leurs propres frais. La lecture qu’on peut faire de cette situation est très simple : il y a une volonté évidente de diviser les journalistes maliens entre pro-IBK et anti-IBK ou pro-Koulouba et anti-Koulouba !

Comme quoi, on n’a rien tiré comme enseignement des conseils donnés à IBK par Alexie Kalambry lors de la présentation de vœux de la presse à Koulouba en janvier dernier qui, après avoir souhaité bonne et heureuse année 2019 au Président à sa famille, à ses collaborateurs, à ses proches et au peuple, n’a pas manqué de dire ses quatre vérités.

Aperçu sur ce qu’a dit Alexie au Président IBK

« Excellence M. le président, c’est toujours un grand honneur et un immense plaisir de nous adresser à vous à l’occasion de la cérémonie républicaine de présentation de vœux. Le plaisir est d’autant plus réel que c’est aussi une belle occasion de partager avec vous nos satisfactions, nos préoccupations et nos espoirs. Excellence, la presse malienne, surtout privée vous alerte sur la baisse drastique de l’aide publique aux médias que vous aviez porté il y a 2 ans, à 300 millions de F CFA dans lesquels 15 millions de F CFA ont été consacrés à la relance de l’autorégulation.

Nous avions apprécié cette augmentation à sa juste valeur même si nous serons toujours frustrés de constater que notre pays, pionnier en la matière puisque initié par vous-même en 1996, reste aujourd’hui loin derrière des pays comme le Burkina-Faso, le Sénégal et le Niger dont le montant avoisine le milliard de F CFA. Nous vous signalons que le montant de cette année est de 170 millions seulement pour plus de 500 radios et 120 journaux. Nous comprenons les difficultés actuelles du pays, mais nous déplorons un traitement défavorable de la presse qui voit que les subventions aux partis politiques ont été entièrement payées.

Excellence, la Maison de la presse reconnue d’utilité publique depuis 1995, n’a jamais bénéficié d’un budget de fonctionnement. Nous comptons sur votre implication personnelle pour sa régularisation. Nous osons espérer la mise en place de ce montant dans un bref délai. Je suis obligé de reconnaitre et de saluer ici et maintenant le soutien constant des ministres de l’Economie Numérique et de la Communication, de l’Economie et des Finances à la Maison de la presse…

Excellence, s’agissant de l’accès à l’information, nous déplorons un traitement peu amène des médias privés, notamment lors des cérémonies organisées par la présidence de la République et le gouvernement. Les médias publics sont considérés comme seuls devant avoir la primeur et l’exclusivité de l’information. Nous déplorons également le harcèlement financier des organes dits de l’opposition. Autant à la présidence que dans les ministères, les médias et les journalistes sont traités selon leur ligne éditoriale.

Excellence, je suis en train de finaliser un ouvrage sur les grandes figures du Mouvement démocratique au Mali. J’ai été étonné du rôle qu’IBK a joué, aussi bien dans les Mouvements estudiantins africains à Paris, que dans les partis politiques clandestins, qui ont travaillé à l’éveil des consciences. Je me refuse donc de croire que l’icône que vous êtes soit au courant des déboires de certains de nos confrères, voués aux gémonies, ostracisés du fait de leurs opinions discordantes. Vous êtes notre président à tous, mais, les journalistes sont traités en pro ou anti IBK… ».

No comment donc ! A part le fait que la Cellule de communication du Président IBK n’y a tiré aucune leçon ! Cette structure qui a pour mission de soigner l’image du président et du pays souffre lamentablement d’un déficit de communication. Comme dira l’autre, « En dépit de la présence d’un journaliste de formation et de profession, la cellule à qui revient la gestion de la communication présidentielle est décriée de par les attitudes en l’occurrence de son Directeur… qui de par son inaccessibilité, serait plus occupé que le Président de la République ».

Il est temps que la cellule change, ou que le Président IBK fasse le ménage !

Flani SORA