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LES GRANDS DOSSIERS DE CORRUPTION ET DE KLEPTOMANIE FINANCIÈRE DE L’ÈRE IBKAÉNNE: Affaire Seydou Bathily dit Lo

Au lieu de 4,4 milliards, le trou était de 27 milliards

L’affaire Seydou Bathily dit Lo qui avait défrayé la grâce chronique à votre journal préféré était, selon un de nos radars, que la partie visible de l’iceberg. En fait, les révélations du «Sphinx» ont été comme du pain béni pour Boubou Cissé, le ministre de l’Économie et des Finances au moment des faits. Car au lieu de 4,4 milliards, ce sont plutôt 27 milliards qui manquaient dans les caisses de l’État pour faire les salaires ce mois-là. Ceci rien que dans le volet des hydrocarbures. Seydou Bathily dit que Lo n’était pas le seul à avoir remis des chèques en bois mais, il y avait plusieurs autres importateurs de pétrole qui étaient dans le cas.

Notre source s’étonne que les enquêteurs du Pôle économique et financier ont pu avaler les propos de certains protagonistes qui ont dit n’avoir aucun moyen d’attester que les chèques certifiés sont des chèques en bois ou pas. Qu’ils ont que les moyens routiniers de contrôle de chèques, à savoir la conformité des chiffres, de présences de signatures requises etc. Plus grave, d’autres ont dit qu’ils n’ont aucun moyen de savoir que les chèques certifiés sont en bois qu’une fois qu’ils ont été rejetés par la banque. Pour lui, il y a une complicité à tous les niveaux; de la banque, en passant par la douane, le trésor et même l’Hôtel des Finances. Elle est formelle, la douane et le trésor ont les moyens de vérifier si un chèque certifié est un faux ou non

Depuis l’affaire dite du trésor sous la transition d’ATT, avec Zoumana Sako comme premier ministre et Modibo Kadjogué, ministre du budget chargé du trésor, les banques avec le trésor et la douane ont établi un réseau de communication. Chaque chèque certifié en faveur du trésor doit être confirmé par la banque émettrice à un agent désigné au trésor avant que la douane fasse la liquidation, c’est-à-dire la libération des marchandises. C’était d’ailleurs le cas à l’époque des traites avalisées.
Pour cela d’ailleurs, le trésor a désigné un interlocuteur et chaque banque avait nommé quelqu’un qui est chargé de vérifier lesdits chèques !

En plus, si le montant des chèques est important, ce qui est d’ailleurs le cas dans la plupart de ces opérations, la douane et le trésor appellent les hauts responsables des banques avant toute transaction avec l’économie.

Toujours selon notre source, au moment où «Le Sphinx» révélait l’Affaire Seydou Bathily dit Lo, il y a plusieurs autres faux chèques émis par d’autres importateurs d’hydrocarbures qui ont été gardés au niveau de l’administration. Au bas, il y avait plus de 27 milliards de FCFA de chèques en bois qui ont été finalement passés au broyeur de papier –ou au destructeur de documents si vous préférez- pour éviter le scandale. Toute la chaîne est complice. De la douane, en passant par la banque, le trésor et même au niveau du ministère de l’Économie et des Finances.

Sinon, toujours selon notre source, la vérification d’un chèque est très facile de nos jours. D’ailleurs, précise-t-elle, ces dernières années les confirmations se font par simple coup de fil et par mail!

Le chèque certifié est un chèque émis sur le compte d’un client demandeur et pour lequel sa banque appose une mention appelée certification. This last atteste de l’existence de la provision durant le délai de présentation qui est de huit jours dans l’UMOA. Passé ce délai, le chèque redevient un chèque ordinaire et la provision cesse d’être bloquée. Le chèque peut alors être refusé par la banque pour insuffisance de provision.

La certification oblige le banquier à bloquer la provision au profit du bénéficiaire jusqu’à l’expiration du délai de présentation, c’est-à-dire huit jours à compter de la date de création du chèque.

Dans le cas d’espèce, la banque BSIC doit être solidairement poursuivie pour sa présumée responsabilité, ou au moins sa complicité dans le filoutage. Deux cas de figure sont envisagés sans aucune issue favorable pour cette institution;
• Le chèque n’a pas été présenté dans le délai règlementaire de 8 jours. Auquel cas, à l’aide des preuves idoines, notamment le relevé du compte, la banque doit convaincre de la régularité de l’opération. Cela reste toujours possible !
• Le chèque n’a jamais été provisionné! Alors la banque est totalement mais solidairement responsable pénalement et pécuniairement de la création et de l’émission du chèque en bois. Les professionnels du droit sauront trouver les qualificatifs adaptés pour cette grosse escroquerie !

Dans tous les cas, la responsabilité de la banque est engagée et demeure entière et totale par le fait que par la certification, la banque garantie que le signataire possède sur son compte le montant inscrit sur celui-ci.

L’État, doit sévir et poursuivre les parties afin de recouvrer ses dus.

Il faut reconnaître que ces magouilles n’ont pas commencé sous l’ère IBK, elles ont plutôt gagné en ampleur, comme c’est le cas dans tous les domaines. Jamais autant de milliards n’ont été détournés et ceci dans la plus grande impunité du fait que tous ces opérateurs économiques véreux sont devenus partenaires et / ou des prête-noms de plusieurs membres de «Ma Famille d’Abord». C’est le cas de Seydou Bathily dit Lo qui n’a pas du passé, à l’époque, que quelques minutes à la Brigade d’Investigation Judiciaire. Mieux, il nous revient que ses mentors ont obligé la Bsic de transformer les 4,4 milliards à découvert! Au lieu de se réjouir pour s’en tirer en bon compte, il a trimbalé le chef de bureau devant les tribunaux pour avoir vendu certains de ses citernes d’hydrocarbures.

Vous comprenez mieux avec toute cette hémorragie au niveau des Finances publiques depuis l’avènement d’Ibrahim Boubacar Kéïta à la magistrature suprême, ce dernier n’a pas d’autre choix que de maintenir Boubou Cissé à l’Hôtel des Finances.

Cependant, il faut qu’il se détrompe, l’heure du bilan arrivera.

Tôt ou tard.

UN D