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Le Chérif de Nioro à propos du Premier ministre : “si je savais qu’on reprochait à Boubou Cissé des choses, moi je n’aurais même pas évoqué son nom, à plus forte raison demander sa reconduction”

Après la prière de l’aid el Kébir, le chérif de Nioro s’est adressé à ses fidèles et s’est exprimé notamment sur sa prétendue soutien à Dr. Boubou Cissé. C’était le vendredi dernier. lisez !

“Quand nous nous sommes levés contre Soumeylou Boubèye Maïga et après que ce dernier ait démissionné, c’est l’imam Dicko qui m’a appelé pour me parler de son fils (bien entendu Boubou). Il m’a parlé bien de lui et a demandé mon soutien pour ce dernier.

Je ne suis pas politicien.

J’affirme ici, que les politiciens s’associent avec nous, uniquement pour leurs intérêts.

Insh’Allah, l’histoire confirmera cette allégation si Dieu nous prête longue vie.

Il y a un homme qui s’appelle Mahmoud Dicko qui s’est battu avec moi contre le code de la famille et je garde toujours cette merveilleuse relation avec lui.

Je ne suis pas contre les manifestations de ces derniers temps car, leurs dénonciations sont des faits réels que les Maliens voient.

Je ne suis pas contre leurs manifestations. Au contraire, je les soutiens. Malgré qu’ils ne m’ont pas informé de leur démarche même si cela n’a jamais été un problème pour moi.

Mais, s’ils m’avaient associé, je leur aurais parlé de ma proposition différente de la leur.

J’aurais appris que le mouvement voudrait le départ du président de la République, pour moi, quand on cherche la conciliation, on ne doit venir avec une seule revendication sur la table de négociation.

Devant des doléances posées, il faut savoir faire des concessions pour l’atteinte d’un accord.

Une revendication ne doit rester figée que lorsqu’il s’agit d’exécuter une sentence. C’est-à-dire, s’il est question d’appliquer une loi, là, il n’y a pas de demi mesure. Il n’y a pas à négocier. La loi s’applique et c’est tout.

Je me réfère à la loi islamique pour parler ainsi. Du moment où la religion musulmane, elle-même, n’accorde pas une seule et unique voie, même aux cafres (mécréants), je crois que nous nous devons d’apprendre à faire des propositions et des consensus entre nous.

Ce sont les tripatouillages des élections législatives passées qui ont suscité les événements de ces derniers temps.

J’ai été la première personne à avoir demandé le rétablissement des voix des députés spoliés par Manassa et la mise à l’écart de Karim Keïta.

Après, j’ai fait une proposition pour la mise en place d’un gouvernement d’union nationale avec quelques postes stratégiques pour des gens qui s’y connaissent.

Je réitère ma confiance à Boubou, Tiebilé et Dahirou Dembélé.

C’est quand j’ai appris que le régime, lui-même, avait demandé la participation d’Abdoulaye Daffé que j’y ai donné mon accord.

Enfin, j’ai proposé Choguel Maïga comme ministre de l’Intérieur.

Ma lettre adressée au président est, certes, restée sans suite. Cependant, il est de constat que mes propositions ont été prises en compte.

Mais, jusque-là, mes amis du M5 ne m’ont pas fait de retour. C’est alors là, que je me suis dit que, peut-être, mes propositions ne vont pas dans leur sens.

Récemment, il m’a été rapporté que l’imam Dicko demande la démission du Premier ministre. Je ne comprends pas la langue dans laquelle il s’est exprimé, mais on me l’a expliqué.

Je ne savais pas que l’imam Dicko avait des réserves sur Boubou.

C’est lui-même qui avait demandé mon soutien pour ce dernier qu’il m’a présenté comme étant son fils et notre fils à nous tous.

Malheureusement, on ne m’avait rien dit sur lui avant. Si je savais qu’on lui reprochait des choses, moi je n’aurais même pas évoqué son nom, à plus forte raison, demander sa reconduction.

J’avais même pensé que l’imam Dicko serait la première personne à apprécier ma proposition sur le choix de Boubou puisqu’il est son fils, d’après l’imam lui-même.

Je ne pense pas être en tort ?

Dans ce contexte là, doit-on me porter une accusation ? Rien ne m’avait été dit de grave sur Boubou au préalable.

Personnellement, je suis pour le départ d’IBK, mais par la voie démocratique, à travers des élections. J’ai été la première personne à le combattre pour sa mauvaise gouvernance.

Notre pays est, déjà, au bout du souffle à cause du régime, pourquoi chercher à l’enfoncer davantage par d’autre voie non démocratique ?

Je ne m’associerai jamais à quelqu’un pour enflammer ce pays.

Connaissant IBK, je sais qu’il ne peut être, à lui-seul, responsable de la gouvernance chaotique du pays.

Il a fallu la participation de son entourage, notamment son épouse, son fils Karim, Manassa et encore Boubèye…qui ont tous contribué à la mauvaise gouvernance que nous connaissions aujourd’hui.

Je connais IBK plus que sa majorité présidentielle.

Que le M5-RFP sache que je ne suis pas contre lui ! Peut-être que ce sont les visions qui diffèrent dans cette situation.

Wassalam”

Source : Cheick Coulibaly, le porte-parole de l’Union des jeunes Hamalistes.