PUBLICITÉ

Elhadj Saliou Camara tranche : “Pourquoi je n’agis pas comme Mahmoud Dicko…”

CONKARY – Après avoir essuyé de vives critiques pour son “silence” face à la crise que traverse la Guinée, le grand imam de Conakry vient de répondre sagement, mais fermement à ses détracteurs.

Depuis le déclenchement de la crise malienne le 05 juin dernier où la contestation contre le régime d’Ibrahim Boubacar Keita, est dirigée par un religieux en l’occurrence, Mahmoud Dicko, Elhadj Mamadou Saliou Camara, l’imam de la mosquée Fayçal fait l’objet de critiques de part de certains guinéens. Le religieux est surtout critiqué pour son “silence” alors que la Guinée vit dans une période instabilité politique devenue chronique. Face à ces reproches, le guide religieux prévient qu’entre lui et Mahmoud Dicko, il n’y a pas objet de comparaison.

“Il (Mahmoud Dicko, ndlr) ne me connait, je ne le connaissais avant. J’ai vu sa photo, mais on ne s’est jamais salué même au téléphone. C’est lui qui sait là où il est, il défend quoi. Moi aussi qui suis premier imam de la Guinée, je sais comment parler aux guinéens et comment défendre la violence face à mon peuple. Mais moi je ne fais pas comme lui”, tranche Elhadj Mamadou Saliou Camara, interrogé par nos confrères d’Espace TV.

Le grand imam de la mosquée Fayçal fait observer que Mahmoud Dicko a déjà affiché son engagement politique alors que lui, il ne fait pas la politique. Elhadj Saliou Camara confie qu’il se contente juste de dire la “vérité” aux dirigeants de son pays sans faire l’apologie de la violence.

“Lui (Mahmoud Dicko) il a parlé tout au début indiquant qu’il a aidé le président (Ibrahim Boubacar Keita). Alors ça veut dire qu’il était politicien avant, il a fait la campagne, il a aidé je crois le président lors du vote municipal. En ce qui me concerne, beaucoup de présidents se sont succédé en Guinée, mais je dis la vérité aux présidents, je dis la vérité au peuple, mais je ne peux pas être chef de la violence”, martèle-t-il.

Assurant qu’il ne sera jamais politicien, l’imam Ratib de la grande mosquée de Conakry souligne qu’il ne va pas maudire ceux qui parlent de lui.

“Etant imam, miskine (pauvre, ndlr), certaines personnes parlent mal de moi. Mais moi je dis merci à mes enfants. Si ceux qui me critiquent le font volontairement, Dieu le sait, s’ils sont manipulés par les hommes politiques, Dieu le sait aussi. Moi je ne réponds à personne, je n’insulte pas, je ne vais pas maudire ceux qui parlent mal de moi. Tout ce que je fais, je regarde entre moi et Allah. Si ça correspond à ma religion ou bien si ça ne correspond pas, c’est ça mon inquiétude. Je n’étais pas politicien, je ne suis pas aujourd’hui politicien et je ne serai jamais politicien tant que je suis imam”, a tranché Elhadj Mamadou Saliou Camara.

Diallo Boubacar
Pour Africguinee.com

Tél. : (00224) 655 311 112

leave a reply