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Coronavirus : L’Afrique a passé le cap du million de cas

EPIDEMIE | La situation est très inégale selon les 54 pays du continent

Un cap symbolique. Un million de cas de coronavirus a été officiellement franchi jeudi en Afrique, continent qui reste cependant encore le moins touché dans le monde et où la répartition des cas est très inégale. Selon les chiffres officiels compilés par l’AFP, quelque 1.011.495 cas ont été enregistrés sur l’ensemble du continent, avec au moins 22.115 décès, ce qui représente environ 5 % des cas dans le monde.

Seulement cinq des 54 pays d’Afrique regroupent 75 % des cas, selon le Centre de contrôle des maladies du continent. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a noté jeudi que plusieurs pays africains avaient enregistré ces derniers jours une baisse d’environ 20 % de cas quotidiens. « Nous devons observer encore un peu avant de pouvoir dire avec certitude que c’est une tendance » qui va durer, a estimé Matshidiso Moeti, directeur Afrique de l’OMS.

Les cas augmentent dans une dizaine de pays

Les cas augmentent encore dans une dizaine de pays, mais cette hausse « n’est pas exponentielle », selon l’OMS qui souligne néanmoins que le bas niveau du nombre de tests et le manque de matériel pour les faire reste « un défi constant ». « Les pays africains font de leur mieux, en dépit des limites » à leur action, comme des infrastructures de santé incomplètes ou défaillantes, a estimé vendredi Mary Stephen, une responsable de l’OMS-Afrique, tout en mettant en garde contre tout relâchement.

« Comme la situation est différente de celle qu’il y avait en Italie, quand 1.000 personnes mouraient par jour, les gens ont tendance à penser que le risque n’est pas si élevé en Afrique. Mais nous devons éviter toute négligence », a-t-elle souligné lors d’un entretien téléphonique.

Lente décroissance en Afrique-du-Sud, plus marquée en Egypte

Parmi les pays qui rapportent un nombre de cas élevé pour un million d’habitants figurent l’Afrique du Sud, Djibouti, le Gabon et le Cap Vert. L’Afrique-du-Sud, pays le plus industrialisé du continent, compte pour plus de la moitié des cas confirmés, avec 538.184 infections. Il est le cinquième pays le plus touché au monde, derrière les Etats-Unis, le Brésil, l’ Inde et la Russie. Les cas recensés quotidiennement décroissent légèrement, descendant sous la barre des 10.000 contre une moyenne de 12.000 en juillet. Plus de 9.000 personnes ont péri.

L’Egypte, qui a été le premier pays africain à rapporter un cas de Covid-19, le 14 février, a officiellement déclaré 95.006 cas, dont 4.630 mortels, ce qui le place à la deuxième place derrière l’Afrique du Sud. Le nombre de cas quotidiens est passé de 1.500 environ en juillet à moins de 200 cette semaine.

Crainte d’une seconde vague au Nigeria, recrudescence en Algérie

Au Nigeria, pays le plus peuplé du continent, près de 45.244 cas ont été recensés, dont 930 mortels. Les cas quotidiens qui étaient de 500 à 800 le mois dernier, sont tombés à 300 ou 400. Mais les autorités craignent une seconde vague plus grave encore. « Une nouvelle hausse des cas est attendue » avec l’assouplissement des mesures de restrictions pour tenter d’enrayer la pandémie, a estimé Boss Mustapha, qui dirige la lutte anti-coronavirus à la présidence.

Depuis plusieurs semaines, l’Algérie fait pour sa part face à une recrudescence de la pandémie : 1.273 décès et plus de 33.626 cas ont été enregistrés avec un record de 675 cas le 24 juillet. Après les premières mesures de déconfinement partiel début juin, le pays a enregistré une recrudescence des cas.

Le 29 juin, le gouvernement a opté pour un « confinement ciblé » des localités et quartiers en proie à des foyers d’infection de Covid-19. Il a également décidé de garder ses frontières fermées. Les Algériens ont passé une fête de l’Aïd el Adha morose sous confinement. Les autorités ont appelé à éviter les visites familiales et il est interdit de quitter ou de se rendre vers 29 des 48 wilayas (préfectures) du pays.
La propagation de la pandémie a occasionné un grand préjudice à l’économie du pays, confrontée également à l’effondrement des cours du pétrole. De nombreux commerçants notamment les restaurateurs, les cafetiers ou les propriétaires d’agences de voyages risquent de faire faillite.